........C'était il y a 4 ans, précisément au Collège François Mauriac, la première image que j'ai, c'est en musique, avec Guillaume, vous me faisiez de grands signes de mains, je me souviens de ton regard, tu avais les yeux qui pétillent. Tu étais devant moi en Français, et on a sympatisé, c'est que tu étais un branleur assez sociable il faut dire. bref, on s'est retrouvé à se filer nos msn. j'étais toute petite, toute timide, tout rien quoi, et toi tu étais Le grand, Le pro du Roller, et puis L'amoureux transi (de cette chère et tendre). Tu es de ces gens à qui on fait confiance, et très tot je ne t'ai pas épargné le racontage de ma vie, je me confiais, tu me conseillé. tu avais cette différence de ne pas me questionner, mais de m'écouter, et ça m'a beaucoup aidé. J'avais des problèmes avec le lycée, mon poney, les mecs, les filles, mes parents, mon frère et avec moi-même. Je déballais tout chaques soirs, et en fin de compte j'en savais si peu sur toi. et je ne m'en suis rendu compte que bien plus tard, que pendant près de deux ans, tu as plus qu'étais là pour moi, et moi... moi, moi, moi. et toi.. j'ai oublié que personne n'est parfait, je n'ai vu que ce que j'ai voulu voir, celui qui rit et fout le bordel, celui qui est très doué au roller, celui qui forme le couple parfait. tu es de ceux qu'on admire sans connaître, et je t'admirais Beaucoup, et je t'admire toujours autant, si ce n'est plus, mais mon Admiration a changé, et elle ne repose plus sur des apparences. Je ne sais plus trop comment, on s'est fait frère et soeur, une de plus pour toi, et pour moi, un frère vivant, tu ne prenais pas sa place non, mais je me faisais ma famille. et puis comme je l'ai toujours dit, ce qui est génial, c'est qu'on ne sort pas avec son frère..
Il y a eu ce dimanche, ce dimanche où tout a basculer. où je ne sais comment on en est venu à parler de ça. et ce jeudi, l'exposé de techno, je me souviens de tout, et je sais que je m'en souviendrai à vie. c'était le 7 avril 2005. le début, officieux où tu passais le matin, que je mettais mes chaussettes devant toi. Puis tu l'as quitté, ça a été affreux, la culpabilité, tu quittais ton premier Amour et tu étais le mien, mon Premier Amour. Ce fut difficile, tendu, je devais jouer avec tes silences, tes mensonges parfois, tu devais gérer mes malaises, mes envies d'ailleurs, mes crises. Je t'aimais, énormément, à me perdre parfois. Puis on a quitter le collège, et on s'est retrouvés tous les deux sur Bordeaux. 6 mois. et je t'ai quitté, parce-que ça été dur pour nous deux. aujourd'hui je peux répondre à ta question, de ce lundi, sur ce banc 'pourquoi?', Baptiste, je t'ai quitté pour exister. On ne s'est pas parlé pendant, un mois, peut-être deux? ça me semble une éternité. j'ai cessé de respirer, ta présence, tes sourires absents me faisaient mal au ventre. Et on a repris contact, je ne sais comment. J'avais tout supprimé de toi, photos, numéro, sms, mails. mais pas Toi, toi ce n'était pas possible. Il y avait Lui, et puis Elle, et toujours Nous. on ne savait plus comment on s'aimait, mais on s'aimait. Il y avait Toi au téléphone pour que tu dises au chauffeur de bus de m'attendre, et moi qui courrait derrière, Toi qui sautait sur les grilles à la Victoire et moi qui te criait d'arrêter, Toi qui payait les chocolatines et moi qui lisait les horoscopes, Nous nous séparions rue du Mirail. et Cette Lettre avant l'Hopital, celle de toi-moi-nous. tu fus le premier à savoir, et si présent. Je ne te remercirais jamais assez, jamais je ne pourrais. Et tu pars la retrouver, je n'avais plus ma place, je ne savais pas la trouver. et puis l'année, où j'ai fermais la porte toujours laissée entrouverte, il fallait bien la fermer un jour, ou l'ouvrir complètement. de frère à amoureux à amant, tu es Mon Meilleur Ami. J'ai appris à comprendre tes silences, et tu m'as appris à me taire parfois, sauf bien sur quand c'est pour critiquer les gens dans la rue. Celui à qui je raconte tout, dont je devine tant, avec qui j'alterne complicité et rancoeur. Celui qui me fait tellement sourire que j'ai parfois du mal à parler, celui qui m'envoit un mail qui me fait si mal que je ne peux le relire. Il y eu Elles, et pour moi tant d'Espoirs détruits, et j'ai trouver ma place, je suis celle que tu regardes des larmes dans les yeux et à qui tu dis 'et je suis fou amoureux d'elle'. et je retrouve dans ces moments là, le regard que tu as de gamin de 4 ans, émerveillé, ou plutot qui tombe dans le tram un samedi matin.
Parce-que maintenant, ou plutot dans deux semaines, tu pars. à Montpellier, comme quoi le roller, elle, elle et moi ne t'avons pas retenu, mais après ma colère, je comprends, tu pars pour exister, trouver ta place. Lola dit :
On va arrêter tout ça hein ?
Baptiste dit :
De quoi?
Lola dit :
De tout se dire, de s'appeler, se voir, se haïr, s'aimer.
Baptiste dit :
Non
Parce-que je te regarderais vivre de loin,mais que je serais toujours là pour toi.Tout ça pour dire qu'on a mis 5 ans à honorer une promesse, tu m'as fait monter sur des roller.